Une absence de plus de six semaines : les Camerounais s’interrogent
Le président Paul Biya, parti le 7 juin pour un « court séjour privé en Europe », n’est toujours pas revenu à Yaoundé après plus de quarante jours d’absence. Cette situation exceptionnelle relance le débat sur une éventuelle vacance du pouvoir au sommet de l’État.
Joshua Osih dénonce un « Cameroun en pilotage automatique »
Lors d’une conférence de presse tenue le 23 juillet, Joshua Osih, président du Social Democratic Front (SDF), a vivement critiqué cette absence prolongée. Selon lui, elle plonge le pays dans l’incertitude et met en lumière les failles de l’État. « Un Chef de l’État absent depuis plus de six semaines. Une vice-présidence vacante. Un Cameroun en pilotage automatique, et on ne s’en remet pas à un pilotage automatique dans la tempête », a-t-il déclaré.
Le leader de l’opposition a précisé que son parti n’était pas venu « décrire l’incendie », mais apporter « de l’eau pour éteindre le feu ». Il a appelé à un retour aux principes de l’État de droit, une position partagée par plusieurs acteurs de la société civile et de l’opposition, comme Jean-Michel Nintcheu, qui a sollicité une intervention du Conseil constitutionnel pour déclarer la vacance de pouvoir à Etoudi.
Le parti au pouvoir conteste fermement cette analyse
De son côté, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) rejette catégoriquement toute idée de vacance du pouvoir. « Il n’y a aucune vacance de pouvoir au sommet de l’État », a affirmé Jacques Fame Ndongo, ministre d’État et secrétaire national à la communication du parti au pouvoir.
Réactions des lecteurs